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Tracer son destin au pinceau [mission de rang D]
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Tracer son destin
 



Yuuto était presque fier de lui : il n'était pas trop en retard pour sa mission. Pas même dix minutes. Bon, plus que cinq, mais c'était déjà un progrès. Grâce au plan fournit par un des assistants du Kazekage et deux habitants bienveillants et amusées, il ne s'était perdu que deux fois.
Il faut dire aussi que la maison de son client était particulièrement aisée à trouver, un manoir au toit plat situé sur un escarpement rocheux saillant de la falaise protectrice qui entourait Sunagakure no Sato.
Le jeune ninja s'arrêta pour admirer la vue splendide sur le village, suspendu au dessus de la riche propriété (oui, ok, il n'avait pas exactement suivit le plan), marchant à angle-droit sur la falaise (jamais les instructeurs de l'académie n'avait rencontré un tel enthousiasme quand ils avaient apprit le Kinobori no Jutsu à Yuuto).

Avisant un jardinet propret en dessous, Yuuto se laissa tomber, atterrissant dans une pirouette. Un ninja devait soigner ses entrées.
Plus qu'à trouver son client... S'occuper d'un vieil homme n'était pas la plus glorieuse des missions, mais Yuuto avait conscience qu'il débutait et qu'on devait petit à petit mettre à l'épreuve ses talents. Issus du peuple, il ne rechignait pas non plus à la corvée (et ne se récrierait pas comme un de ces privilégié issus d'un clan prestigieux qui jugeait les missions de rang D indigne de lui). Le labeur pénible, c'est ce qui lui avait fournit une bonne base physique avant son entrée à l'académie ainsi qu'une détermination de fer.
Il se mit en marche vers une porte ouverte qu'il avisa derrière une plantation de tomates, tout en farfouillant dans sa besace qu'il portait à la ceinture pour sortir les papiers remit par le Kazekage. Il serait après tout de bon ton de connaître le nom de son employeur... Un certain Murakami-sensei.

Son instinct de ninja lui fit faire un bond de coté quand une flèche siffla à ses oreilles, se plantant en vrombissant à deux pas de lui. Son esprit guerrier nota pour la forme qu'elle l'aurait raté malgré son esquive. Son adversaire n'était donc pas bien doué ou c'était un coup de semonce.
Quoi ? Un adversaire ? Une attaque ? Dans une mission de rang D ? souffla alors son bon sens.

"F-fichez le camps d'ici !" maugréa une voix cassée. "La prochaine, c'est dans v-votre tête, pillard !"
Yuuto distingua alors dans l'ombre de la porte la silhouette décharnée d'un vieillard en fauteuil roulant. La respiration sifflante, il s'acharnait à remonter et réarmer une arbalète vieillotte et visiblement trop lourde pour lui.
Le jeune homme tatoué, et comme à son habitude torse-nu et vêtus de ses couleurs sanglantes, leva les mains en signe d'apaisement tout en avançant vers le vieil homme paniqué.
"Mécréant ! Voleur !" tonna celui-ci, tournant frénétiquement la manivelle rouillée de son arme. "N-n'approchez-pas, jeune voyou ! Je sais m'en servir et je vais te clouer au mur, sale maraudeur ! Et croit pas que je sois tout seul et sans défense ! Y'a un ninja qui va... qui est avec moi ! A la garde !"
"Euh... Murakami-sensei, je suppose ?" balbutia Yuuto en brandissant son parchemin de mission. "Le ninja, je crois que c'est moi... Hisakawa Yuuto, je suis votre assistant pour la journée !"
Il fit un pas en avant, doucement, tendant les documents à l'ancêtre qui en resta bouche-bée, mais dont le regard était encore extrêmement suspicieux.
Pendant que l'employeur déchiffrait le reçu de mission, Yuuto attendit sagement, en retrait, ignorant l'arbalète peu fiable encore vaguement pointée dans sa direction.
"...Et...euh... Désolé de vous avoir surpris." fini par ajouter le jeune homme, vaguement contrit.
La mission partait bien... Avait-on déjà entendu parler d'un Genin qui planterait une mission de rang D avant même qu'elle ne soit commencée ? Il n'avait pas envie d'être celui qui inaugurerait ce lamentable record...
Le vieillard avait fini de lire et relire le papier et avait finalement prit sa décision.
"Entre. Tu es en retard." cracha-t-il amèrement, avant de poursuivre à mi-voix, pestant entre ses dents. "Fichus ninja, pas foutu d'utiliser la porte comme tout le monde..."

Yuuto le suivit à l'intérieur, mais pas avant que le vieux ne l'ai envoyé ramasser la flèche perdue et se soit débarrassé de la lourde arme dans ses bras. Ce dernier refusa que Yuuto le pousse, déclarant qu'il pouvait se débrouiller seul.
"Range ça sur la commode, à droite." ordonna l'ancien. "Et fait attention, elle est déjà fragile. Recharge là, toi qui a des biceps saillants, et mets le cran de sureté."
"Vous voulez que je l'huile et la prépare ?" offrit Yuuto, espérant marquer quelques points qui compenseraient ses débuts désastreux.
"Non. Je ne suis pas un homme de guerre." renifla son client, méprisant. "Mais c'est un cadeau de mon beau-fils, donc évite de la briser avec tes gros doigts maladroits."
Yuuto obéit en baissant la tête, retenant un soupir.

Dans la maison, Yuuto ne put s'empêcher d'émettre un sifflement presque admiratif devant le capharnaüm. Et pourtant, c'était un adolescent.
Le sol était couvert de livres, parchemins et autres rouleaux. Des pots de peintures, des encriers et ce qui semblait être des milliers de pinceaux de toutes tailles étaient posés sur la moindre surface disponible, envahissant les meubles.
"Vous êtes un ninja, sensei ? Ou un fabricant de parchemin de sceaux ? Un spécialiste du Fuinjustu ?" demanda le jeune homme, avec une pointe d'espoir.
Le vieux en fauteuil roulant zigzagua avec maestria entre les piles de documents avant de se placer devant un établit à sa hauteur. Il dédia un regard noir à l'apprenti.
"Peuh ! Je t'ai dit que je n'étais pas un homme de guerre, gamin. Encore moins un marchand d'armes. C'est bien les ninja, ça ! Vous voyez un pinceau et un rouleau et toute de suite vous pensez à la destruction, avide de pouvoir que vous êtes... Devine-donc tout seul !"

Encore un test...
Yuuto jeta à nouveau un œil à la pièce. Des pinceaux, de l'encre à foison, des tonnes de papier blanc, autant en rouleaux qu'en feuilles volantes...
"Hummm... Vous êtes mangaka ?" lança le tatoué.
Le vieux se figea un instant, puis il fut agité d'un espace de tremblement. Faisait-il une attaque ?
Sans mot dire, il se retourna, empoigna prestement une feuille et un gros pinceau. En deux coups brutaux, il avait fini, traçant deux caractères stylisés.
Pivotant sur sa chaise roulante, il brandit la feuille sous le nez de Yuuto.
"Lis-ça !"
Le jeune homme plissa les yeux, se demandant où le vieillard voulait en venir. Il contempla les traits, essayant de déchiffrer les deux kanji bizarrement dessinés au pinceau.
Après une minute de silence, sa gêne devient palpable et l'ancêtre le fusillait du regard, impatient.

"Euh...Et bien..." finit par avouer l'apprenti ninja. "C'est que... Je ne suis pas très littéraire et... ces kanji sont curieusement tracés...Je...Je n'arrive pas à les lire, désolé."
L'ancien leva les yeux au ciel, singeant le désespoir.
"J'ai écrit idiot, et j'étais bien inspiré apparemment...Mais que vous apprend-t-on dans votre singulière académie ? La truanderie, le meurtre, mais pas la lecture ? Au moins as-tu une idée de mon métier, maintenant ? Une sérieuse, cette fois, tête de pioche ?"
Légèrement vexé, Yuuto réfléchit, examinant à nouveau la pièce... Oui, il y avait plein d'autres dessins de kanji, représentés dans moult styles différents et pour la plupart illisible pour lui. Parfois, le même caractère était répété mainte et mainte fois, avec une subtile différence.
Il comprit enfin.
"Vous êtes un expert en calligraphie ?"
"Enfin ! Ton ordre de mission ne me donne pas du sensei pour rien. Ah, mais pourquoi ai-je écouté mon assistante et mendié l'aide d'un apprenti-ninja ? Et pourquoi Kazekage-sama m'a-t-il envoyé à moi, un artiste, un intellectuel, un garçon si mal dégrossit..."

Ils restèrent à se contempler un moment, ne sachant que se dire. Yuuto ne pouvait décemment pas frapper un vieillard croulant, même s'il en avait soudain l'envie et l'ancêtre devait supporter la présence du jeune ninja : la mission avait été commandée et des ares versées. Mais ils faisaient quand même une drôle de paire.
Une idée troublante leur vint simultanément, leur regard se croisant... Un vieil handicapé calligraphe soupe au lait et le jeune homme torse-nu couvert de tatouages de fuinjustu... Se pourrait-il... Non, ce n'était pas possible... Se pourrait-il que le Kazekage est le sens de l'humour ?
Ensemble, ils secouèrent la tête, chassant cette pensée déconcertante.

"Hum... Bien. Je remplacerais donc votre assistance pour la journée." affirma alors Yuuto, protocolaire. Ce n'allait surement pas être agréable avec ce vieux râleur imbue de lui-même, mais une mission était une mission. "Que puis-je faire pour vous rendre service ?"
Le vieux lui lança alors à la figure un calepin, qu'à sa grande surprise le Genin attrapa au vol sans soucis.
"Mon assistante a laissé des notes. Tu arriveras peut être à lire au moins ça... Tiens t'en au planning et ne me dérange pas, je dois me concentrer... Commence aussi par ramasser mes brouillons et aller me chercher d'autres feuilles. Il me faudra aussi de l'eau propre. Il y a un puits dans le jardin."

Yuuto se mit aussitôt au travail, commença à rassembler les feuilles sur le sol.
"Et sans bruit ! Et ne range pas ça là, idiot !" pesta Murakami-sensei. "Ces feuilles vont dans la troisième armoire, c'est marqué dans le carnet, bon sang !"
Oh, que la journée allait être longue...

Le maître calligraphe, toujours vaguement irrité, se replongea dans ses essais qui avaient été interrompu par l'arrivé du jeune ninja. Un cousin du Daimyō de Kaze no Kuni qui allait se marier l'avait supplié de sortir de sa retraite et de lui créer une œuvre originale et il n'avait guère avancé...
Quel manque de chance que son assistante soit malade ! Il avait cédé à ses demandes et se retrouvait avec cet incapable de gamin tatoué à la place...
Bon, il était temps de se concentrer sur le travail, aussi chassa-t-il Yuuto de son esprit.
Après deux heures, ayant tracé quelques esquisses médiocres, Murakami-sensei balança les feuilles hors de sa table de travail, comme à son habitude quand il n'était pas satisfait de son œuvre.
Du coin de l'oeil, il eut la surprise de voir une main habile couverte d'étranges glyphes les saisir au vol et les emporter prestement.
Il n'avait pas entendu le gosse approcher ! Voir même, il ne l'avait même pas entendu se farcir sa liste de corvée. Murakami était presque convaincu qu'en fait il en avait profiter pour tirer au flanc dans un coin (ce dont il se fichait, au moins il ne l'avait pas dans les pattes).
Lentement, il se retourna pour vérifier tout ça.

Surprise, le sol était désormais propre et la maison plus ou moins rangée. Le gamin passait présentement le balais, esquivant soigneusement les rouleaux de parchemin empilés. Et surtout, il faisait ça avec un silence étonnant. Murakami n'aurait jamais cru que quelqu'un à part son assistante pouvait se mouvoir ainsi sans le déranger, sans briser sa vitale concentration d'artiste.
Il s'était attendu au contraire à ce que cet escogriffe se montre maladroit, renversant les encrier ou les piles de livres.
Le vieillard eut un reniflement amusé. Voilà donc pourquoi son assistante avait requit un ninja pour la remplacer, et non un quelconque journalier...

Yuuto remarqua qu'on l'observait et il se retourna pour faire face au regard dur et inquisiteur de son client.
"Ah ! Murakami-sensei, désolé !" commença-t-il. "Votre thé de 11h arrive, j'ai eut un peu de mal à me repérer dans la cuisine... Tout n'était pas hélas pas marquer dans le calepin."
Le vieux maitre calligraphe hocha la tête, sans se départir de son air sévère.
Mais intérieurement il était presque impressionné. Le gamin avait bien travaillé, mieux qu'il ne s'y attendait et avait obligeamment suivit les instructions, alors que c'était sa première journée dans une routine qui était jusqu'ici réglée comme du papier à musique depuis des décennies.
Néanmoins, la bouilloire siffla au loin et alors que Yuuto allait se précipiter vers la cuisine, le calligraphe handicapé l'arrêta.
"Stop ! C'est inutile." tonna-t-il.
"Vous ne voulez pas de thé ?"
"Si. Mais c'est trop tard : l'eau a bouilli. L'eau doit frémir et non bouillir, jeune sot. L'attention aux détails ! La précision ! N'est-ce pas aussi des qualités utiles aux ninja ? Va refaire une bouilloire et cette fois, fait bien attention : frémissante, mais non bouillante ! C'est très important !"
Essayant de ne pas soupirer devant cette pinaillerie, Yuuto s'exécuta.

Le reste de la journée fut du même acabit.
Au repas : "Non, idiot ! Plus fine les lamelles ! Et ton riz est mal cuit ! Je suis vieux, gamin, il doit être plus mou. Et tu a mis trop de condiments ! Une cuillère, mais une cuillère, rase ! Recommence ! De la concentration, de la précision !"
"Oui, Murakami-sensei !"
En fait, le vieillard était surpris que l'adolescent sache aussi bien cuisiner. De fil en aiguille, l'acariâtre grand-père fini par s'intéresser à Yuuto, qui lui expliqua qu'il avait une grande famille et qu'il avait eut son lot de corvées.
"Et m'man a bien précisé que la cuisine c'était pas que pour les filles, que mon frère, p'pa et moi on devait s'y coller aussi... Et puis cela me sera sans doute utile de savoir me débrouiller quand je serais en mission hors du village." termina l'apprenti ninja sur un ton nostalgique.
Le vieillard émit un rire caquetant alors que Yuuto décrivait la tyrannie de sa mère, la vraie chef de sa famille de marchand qui menait son petit monde à la baguette.

Plus tard dans l'après midi...
"Non, non et non ! J'ai dit m'apporter le onzième pinceau, celui en poil de chèvre !"
"Et je reconnais ça comment ?" souffla Yuuto, un poil agaçé.
"En faisant attention aux détails et en écoutant. Et en apprenant à compter."
"J'en ai bien compté onze, regardez : un, deux, trois, qu..."
"Dans l'autre sens ! Mais n'as-tu donc aucune logique, gamin ? Bon, apporte moi les tous. Je vais te montrer les différences. Une seule fois ! Et bien sûr, tu rangeras tout après..."
"Evidemment..."
L'après-midi se déroula ainsi, entre moment d'intense de concentration pendant lesquels Yuuto sarclait le petit jardin, faisait la vaisselle ou classait les innombrables brouillons et essais du maitre calligraphe et des houspillement souvent accompagnés d'une leçon sur son art.

"... Et c'est ainsi que les samouraïs de Tetsu no Kuni comprennent parfaitement l'importance de l'art de la calligraphie et l'ont incorporée dans leur entrainement." exposait le vieil homme. Il n'avait guère avancé sur son projet, mais curieusement essayer de faire rentrer un peu de culture dans la tête du jeune ninja était au final plutôt amusant.
"Hummm... Je crois que je comprends. Je ressens un peu la même chose que je fais de l'ikebana ou que je taille mes bonzaïs. Calme et précision... Je vois."
Il fut interrompu par le rire caquetant du vieillard.
"Tu...tu pratiques l'ikebana ? Toi ? Un ninja ? Un voyou tatoué ?"
"Eh ! C'est pas parce que j'ai une apparence un peu différente de la norme et que je suis un ninja que je suis une brute sans cœur incapable d'apprécier l'Art !"
Cela fit rire de plus belle l'handicapé.

La journée s'écoula et c'est ensembles qu'ils prirent le repas du soir. Murakami-sensei demanda à Yuuto de le pousser dans son fauteuil et de sortir les tables ("Autant que ces muscles de barbares servent, mon garçon !") pour qu'ils profitent de la fraicheur de la soirée tout en admirant le coucher de soleil sur les toits ocres de Sunagakure no Sato.
Le vieillard ordonna même à Yuuto de sortir de la cave un vieux rebab qu'un client reconnaissant lui avait offert, avant de faire jouer et chanter des chansons du désert au Genin. Chose qu'il fit. Fort mal, mais cela amusa d'autant plus l'ancêtre.
"Dis-moi, pourquoi as-tu choisit la voix du sang et des ténèbres ?" fini par demander le calligraphe.
"Pourquoi je suis devenu ninja ? Et bien... j'ai pas de raison grandiloquente ou quoi que ce soit. Ma famille vit et commerce avec le village depuis des éons, mais on n'a jamais encore eut de ninja parmi nous. Comme tout les gosses de Suna, je rêvais d'entrer à l'académie... Et il s'est avéré que je pouvais malaxer le chakra, que j'avais les bonnes prédispositions..."
"Tu sais que cette voie ne conduit qu'à la mort et au désespoir ? J'espère que tu rêves pas de devenir un héros ou un truc du genre ! Les cimetières sont pleins de héros..."

Le Genin réfléchit et haussa les épaules.
"Moi, un héros ? Je suis un gosse qui a encore les yeux qui brille en regardant son bandeau ninja. Je mentirais si je n'y pensais pas... Mais je veux juste faire de mon mieux, être utile, tracer mon chemin. La mort ? La guerre ? Qui sait de quoi sera fait demain, qui sait ce qui arrivera ? Mais je ne veux rien regretter. Je marcherais sur la voie que j'ai choisit, aussi sombre soit-elle et qu'importe sa destination..."
"Hummm...Tu es plus déterminé et obstiné que tu en as l'air, tête de pioche. Quelle tristesse..."
"Pourquoi ces questions, Murakami-sensei ?"
"..."
"C'est à cause de l'autel, n'est-ce pas ? J'ai fait le ménage chez vous et j'ai vu la photo et les regards que vous lui lanciez..."
"Impertinent espion ! Mais c'est vrai. Je n'aime pas les ninja. Je n'aime plus les ninja. C'était ma fille... Elle était l'une d'eux. Elle aussi obnubilée par le devoir, le sacrifice pour le village, l'héroïsme. Elle a épousé un marchand d'armes et m'a donné de beau petits-enfants, même s'ils sont issus de deux porteurs de mort..."

"Que lui est-il arrivée ?"
"Une mission, bien entendu ! Je n'ai jamais eut les détails exacts, mais la seule chose que l'on m'a rendu de ma fille unique, ce fut un bandeau frontal taché de sang, et un nom gravé dans la pierre.  Et après cela... Ma femme ne l'a pas supporté et c'est laissé dépérir...Tout ça pour le village, pour notre position dans la politique du monde ! Insensé ! Ces choses valent-elles autant de sacrifices ?"
Yuuto ne savait que répondre et un silence morose s'installa entre eux.

Le vieillard se détourna, fit rouler son fauteuil vers l'intérieur sans mot dire et se remit à sa table de travail.
D'un geste incisif, sans pitié mais d'un précision extrême, il traça froidement les kanji du devoir, de la loyauté. Après une pause, brutalement, laissant le caractère éclater en traits violents et sanglants, il rajouta à son brouillon le caractère de la mort.
Il laissa sécher l'œuvre dans un silence glacial avant d'y apposer fermement son sceau, ornant la calligraphie d'une tâche sanglante la rendant encore plus impressionnante.
"Tiens, Hisakawa-kun, en cadeau pour tes services et pour avoir supporter mon caractère. C'est une œuvre minable, la récrimination d'un vieil homme... Mais elle t'aidera peut être à ne pas te perdre sur ta voie. Laisse-moi maintenant, il est tard. J'ai déjà signé le bon de mission."
"... Merci, sensei." balbutia le jeune ninja.
Yuuto ne savait que trop dire d'autre.
Le vieux homme contemplait à nouveau sa table à dessin, certainement perdu dans ses souvenirs.
Le ninja s'inclina et commença à se retirer... avant de s'arrêter.

"...Ah mais je crois que je devrait vous aider à faire votre toilette et vous à coucher." déclara-t-il.
"Je n'ai pas besoin d'aide pour ça ! Je peux très bien me débrouiller !"
"Allons, Murakami-sensei, je suis à votre service jusqu'à minuit. Je ne peux pas vous laisser seul maintenant, ce serait abandonner mon devoir... Bon, par où est votre salle de bain ?"
"Si tu rentres avec moi dans ma salle d'eau, tu auras droit à un autre carreau d'arbalète dans la tête, gamin impertinent !"
"Ah, mais les risques font partis du métier..."

Ce n'est qu'au petit matin que Yuuto fini par prendre congé de son client.
La nuit avait été riche en discutions et échange d'histoire, entrecoupé de calligraphie, jusqu'à ce que le Genin insiste pour que Murakami-sensei prennent finalement un peu de repos.
Dans ses poches, il avait désormais deux rouleaux signés de la main du maitre.
L'un portant les caractère devoir et mort. L'autre portant ceux de la vie et du rêve.



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Correction de Hisakawa Yuuto




Positif,

Une bonne quantité pour un seul poste, la mission est claire et remplie.




Négatif,

Plusieurs petites choses, la première, attention à bien distinguer tes dialogues de ta narration, essaye de plus séparer tes phrases en y ajoutant un "-"devant un texte en italique et d'une couleur qui se distingue pour mieux marquer tes conversations et permettre une lecture plus fluide. Attention à ne pas encombrer trop ton texte avec des dialogues qui peuvent passer en forme narrative et donc garder une proportion agréable et juste entre les deux phases d'un texte.  


10 PE + 100 Ryos.

Félicitations!
Cordialement Uesugi Assia


Peak of Shinobi
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