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La pierre qui fait vaciller la montagne
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La pierre qui fait vaciller la montagne    Mar 27 Oct - 14:53
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La pierre qui fait vaciller la montagne


Perdu dans la forêt… Voilà ma situation actuelle et elle n'était pas très glorieuse. Je fouillais à travers les feuillages pour essayer de trouver une quelconque piste, mais la forêt était dense et trouver une grotte à travers ce rideau d'écorces était mission impossible. Une foutue mission… Cette bourgade avait accepté de perdre ses shinobis, ses armes en échange de la protection du village caché. Et quelle protection ? Qu'est-ce qu'un homme pouvait faire face à la colère des Dieux ? J'avais vu de quoi ils étaient capables, et bien que certains considèrent ce signe comme une bénédiction, j'avais pu assister à l'avalanche de malheur que cette roche céleste avait amené dans son sillage et aujourd'hui, je devais voler ce village en ruine de leur dernière parcelle d'histoire, de leur dernier moyen de négociation, de leur dernier moyen de se défendre… C'était une sale histoire… Une foutue mission…


≈ FLASHBACK ≈


J'avais été tout d'abord estomaqué que le vieil Onoki m'ordonna de prendre Gujiko avec moi, c'était une femme simple et une excellente kunoichi malgré son attitude un peu évasive et son côté maladroit, mais c'était la première fois depuis la mort de Ranko que je me retrouvais à mener une mission en duo. J'avais toujours veillé à choisir des missions qui pouvaient se réaliser seul, évitant ainsi les conversations indésirables avec les autres shinobis du village. Je pensais qu'en accomplissant autant de mission en solitaire de manière irréprochable, le Tsuchikage comprendrait que je recherchais avant tout la solitude et le temps de faire mon deuil. Il devait juger que j'étais prêt à reprendre une vie normale, toutefois son explication ne manquait pas de logique non plus. Guzen avait déjà vu la météorite, elle avait affronté un déserteur qui tentait de s'en emparer et pouvait ainsi continuer sa mission de collecte d'informations à propos de cet étrange caillou et notamment les conditions de son apparition. J'étais sorti en trombe, toujours vêtu de mon masque et avait dit d'une voix monotone, sans que ma voix ne laisse transparaître la moindre envie, le moindre entrain à la perspective que j'allais énoncer :

« Le Tsuchikage nous envoie dans le village qui a été dévasté par la météorite. Nous allons devoir protéger les habitants, dénombrer les morts et essayer de sauver ceux qui peuvent encore l'être ... »

Après être sorti du village, nous prîmes immédiatement la direction du village concerné par notre mission. C'était un petit patelin situé sur le côté ouest d'Iwa, qui avait prospéré grâce au commerce maritime avec les pays alentours. Je connaissais parfaitement la route, après tout, c'est là que j'avais emmené Ranko un jour. Elle venait juste d'arriver au pays de la Terre et avait voulu visiter la région et c'était par cette petite ville que nous avions fini l'exploration. Je ne l'avais pas choisi par hasard, c'était un endroit étonnamment romantique malgré les réalités économiques qui s'y jouaient chaque jour. Un charmant village sur pilotis qui proposait de nombreux restaurants de qualités avec vue sur la mer, c'était au «Suisei » que nous avions pu goûter au célèbre assortiment de sushi de la région. Je me souvenais des différents magasins qu'on ne pouvait atteindre qu'en allant de pont suspendu en pont suspendu à travers les habitants qui semblaient avoir jailli de l'eau tel quel. Et en fin de soirée, nous avions pu monter sur la montagne qui dominait les environs où les habitants avaient construit un observatoire pour pouvoir assister à la lente descente mélancolique du soleil, inondant une dernière fois le village de ses rayons célestes. Je me demandais dans quel état j'allais retrouver cet endroit qui faisait partie de mon passé, de mon histoire avec Ranko, de mon ancienne vie…

Secourir la population locale… C'était la base même de notre mission, toutefois, le Kage m'avait fait comprendre à demi-mot que certes, c'était une priorité, mais qu'il serait intéressant de récupérer les techniques oubliées que ce village gardait jalousement aux yeux de leur référent. Je comprenais rapidement que même si sauver le maximum de gens devait être notre priorité, récupérée le parchemin serait un plus non-négligeable pour le village. La tromperie n'était pas mon fort, mais j'allais devoir mentir pour pouvoir mener à bien l'intégrité de cette mission et j'y étais préparé. Je n'étais plus le samurai au principe de fer, j'étais juste Akihide, le chasseur de déserteur, le shinobi fidèle et ma mission devenait sacré à mes yeux, peu importe ce qu'il allait m'en coûter. Mais devais-je la mettre dans la confidence ? Je connaissais vaguement cette fille, je ne pouvais pas être sûr qu'elle ne fasse pas tout rater avec une gaffe monumentale. Toutefois, c'était une mission en duo et je devais la considérer comme un prolongement de moi-même, nous étions une extension de la volonté du village. Toutes les informations lui seront nécessaires pour mener à bien la mission qui nous avait été confiée, je mentionnai donc d'une voix ferme, brisant ainsi le silence de plomb qui durait depuis notre sorite du village et que j'avais sciemment instaurée :


« Un parchemin se trouve dans ce village. Je me charge de le trouver une fois que nous aurons sauvé les habitants. Tu dénombreras les morts pendant ce temps-là, d'accord ? Rejoins-moi dès que tu auras terminé »



La route se poursuivit sans encombre. Les montagnes se faisaient de plus en plus rare et la forêt reprenait petit à petit ses droits. Plus nous approchions du village, plus les dégâts causés par la météorite étaient visibles. La cime des arbres semblait avoir été happée par une force surnaturelle. Ces indices me laissaient présager le pire à propos de la situation du village… Une vision cauchemardesque… Un spectacle fantasmagorique… Les restes fumant des habitations et de leur propriétaire laisser planer une odeur proche de celle qui pourrait exister en enfer. La chair et le bois grillés se mélangeaient dans un d'arôme délicieusement immonde. L'air était la proie des cris, des pleurs et des sanglots, partout les hommes et les femmes s'agitaient tel des fourmis dont on aurait piétiné la fourmilière. L'endroit où s'était trouvé le Shishui n'était plus que néant comme s'il n'avait jamais existé. Cela faisait une semaine que la catastrophe s'était produite et pourtant l'agitation ne semblait pas avoir cessé depuis ce jour fatidique. Nous nous présentâmes rapidement à la mairie de fortune qui avaient rebattis sur les ruines de l'ancienne et nous nous séparâmes pour effectuer la mission pour laquelle nous nous trouvions ici.


Le nouveau maire qui avait été élu dans cette infortune semblait être un homme d'action, il dispensait des ordres à tour de bras et faisait son possible pour minimiser le danger. La plupart des habitants avaient été secourus dans les premiers jours, mais certains, dont des enfants étaient toujours coincés sous les amas de ruines, survivant avec les boites de conserves qu'on arrivait à leur faire passer. Ils restaient deux endroits à haut risque où certains habitants étaient encore coincés, l'école élémentaire où des enfants et des enseignants étaient pris au piège et un commerce dans lequel trois clients s'étaient fait surprendre. Je m’empressai de prendre la route du commerce. Les enfants ne manqueraient pas de me rappeler Saki, ce qui pourrait m'empêcher de mener à bien ma mission.

Le commerce s'était écroulé sur lui même après avoir éprouvé l'onde de choc de la météorite, heureusement un pilier de pierre avait réussi à soutenir le plupart des décombres empêchant les clients de finir écraser. Ils n'étaient plus que trois encore en vie, deux piégés devant la porte du magasin et la dernière, une femme piégée dans le fond. Le caissier avait semble-t-il était écrasé avant qu'il ne puisse s'en rendre compte et cela faisait dorénavant une semaine qu'il devait supporter la puanteur acre d'un cadavre en décomposition en se nourrissant de conserve peu ragoutante. Je n'eus aucun mal en utilisant des techniques élémentaires de Taijutsu à frayer un chemin pour faire sortir les deux premiers clients qui me remercièrent avec un soulagement. Je réussis à me frayer un chemin pour arriver devant un visage souriant, éclairé par l'espoir, l'envie de s'en sortir malgré les circonstances. Aucun débris ne semblait l'avoir atteint toutefois je ne mis pas longtemps à remarquer que quelque chose clochait. Un pieu dépassait de cinquante centimètres de son abdomen, le pus, blanc comme un linceul recouvrait la plaie. Il était déjà trop tard, je le savais, non seulement je n'avais aucune connaissance médicale, mais en plus aucun médecin ninja n'aurait pu faire quoi que ce soit à ce stade. Elle était déjà morte, mais elle n'en avait pas encore conscience. Si ce village avait conservé ses shinobis plutôt que d'y renoncer pour s'allier à Iwagakure, cette femme aurait sans doute pu survivre, deux ninjas et quelques jours d'avance auraient suffit à la sauver. Je lui intima de fermer les yeux pendant que je la sortais de là. Ma lame se planta dans son coeur sans qu'elle n'eut d'autre réaction que sa tête s’affaissant laissant apparaître un rideau de cheveux noirs poisseux de sang, qui venaient de tomber sur son existence. Je ressortais de cette ruine comme si c'était mon propre cœur que je venais de transpercer. Je marchais comme un fantôme entre les ruines, recevant malgré moi les informations concernant les parchemins par deux amis qui passaient par là.


≈ FLASHBACK ≈


Voilà comment je m'étais retrouvé dans cette forêt, à errer sans motivation à la recherche d'un parchemin qui ne m'intéressait pas. Je finis par trouver la grotte, elle était perdu dans la forêt à l'endroit indiqué, légèrement camouflé par les feuillages. Je décidais d'y pénétrer, toujours troublé par les visions dont j'avais été le témoin.Je me demandais comment tout cela s'était déroulé pour Guzen. Allait-elle réussir à surmonter la vision de ces petits corps sans vie ? Faire l'impasse sur ses sentiments pour mener à bien sa mission ? Je n'en étais pas ressortis indemne, moi, Tokugawa Akihide, le Oi-nin sans cœur, le tueur de déserteur, j'avais éprouvé des sentiments en mettant fin à la vie de quelqu'un. Mais que m'arrivait-il ?



 

 

 
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土 | Iwa no Jônin
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Guzen Gujiko
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Lorsqu'ils avaient reçu la mission,... non. Lorsqu'Akihide avait reçu leur mission, il s'était tout de suite comporté comme un chef. En réalité, il avait juste annoncé à Gujiko ce qu'ils auraient à faire, et ils s'étaient mis en route. Leur tâche était simple: aider les habitants sinistrés d'un village situé près du point d'impact de la météorite. Gujiko avait eu le temps d'inspecter cet objet céleste pendant que des scientifiques l'étudiaient sérieusement, et tout ce qu'elle savait, c'était qu'il réagissait au chakra, en l'aspirant (en quelques sortes). Cependant, les détails scientifiques qu'elle avait pu entendre avaient un sens qui lui échappaient totalement, mais là aussi, elle n'avait pas cherché à comprendre.

En bref, Akihide et Gujiko avaient à aider un village. En général, ce genre de missions était confié à des shinobi de rangs inférieurs, mais celle-ci cachait quelque chose, comme le chasseur de déserteur le fit remarquer à sa collègue: ils devraient profiter de leur présence dans le village sinistré pour essayer de retrouver un rouleau de techniques secrètes qui y était dissimulé. Cela ne pouvait pas être bien compliqué, mais Gujiko n'aimait pas le fait que cette mission prenait deux visages: d'un côté ils devaient rendre service, et de l'autre ils volaient à ces mêmes personnes. Était-ce possible que le rouleau ait été dissimulé là par quelqu'un d'autre, d'extérieur au village? Gujiko ne le pensait pas vraiment... il s'agissait d'une communauté disposant, à l'époque, d'une petite force de ninjas fidèles: c'étaient ceux-là qui avaient du le garder. Étaient-ils à présent des nukenin, ou le rouleau était-il scellé, protégé contre les voleurs et les rôdeurs? Personne ne saurait avant de l'avoir vu.

La dernière fois que Gujiko avait fait le voyage qu'ils effectuèrent, elle devait accompagner cinq personnes transportant du matériel de recherche fragile. Cette fois-ci, ils étaient deux ninjas, capables d'avancer à un rythme beaucoup plus soutenu, en suivant la route tracée entre le Villace Caché et leur destination: autant dire que le trajet ne dura pas plus d'une petite journée, et c'était tant mieux. La jeune femme avait essayé d'entamer une discussion, mais son partenaire n'avait rien voulu entendre. En réalité, peut-être n'entendait-il rien de ce qu'elle racontait, car il ne lui avait pas répondu. S'il était tout à fait concentré sur le plan à suivre ou les différents aspects de leur mission, il pourrait lui répondre si elle s'adressait à lui concernant ce sujet... aussi tenta-t-elle en demandant combien de temps il pensait que la mission durerait, ce à quoi il avait rapidement répondu qu'ils verraient. Rebutée par l'insociabilité d'Akihide, Gujiko laissa tomber et passa le reste du voyage à répéter quelques mouvements pour s'entraîner à manier une carte de plus de la Levée Infernale.

Que savait Akihide du village qu'ils iraient voir ou de la météorite? On lui avait dit que Gujiko s'était déjà rendue sur les lieux de l'impact, mais il ne lui avait pas posé de question à ce sujet. Peut-être considérait-il qu'elle lui aurait déjà dit les points importants, et que comme elle ne les avait pas évoqués, ils devaient être inexistants? D'ailleurs, quels étaient-ils, ces points importants? Que la météorite réagissait au chakra? Il devait l'avoir entendu d'une autre source, déjà, et si elle le lui répétait, il lui jetterait un regard froid laissant entendre qu'elle lui faisait perdre son temps, ou quelque chose comme ça.

Le comportement distant d'Akihide aurait pu inquiéter Gujiko, mais il n'en était rien: elle savait qu'ils finiraient par s'approcher l'un de l'autre, car il le fallait bien: on ne travaillait pas à deux sur une mission sans avoir une relation un tant soit peu proche avec son partenaire. Surtout que leur tâche n'impliquait à priori pas de combat stressant où les aptitudes pour le moins aléatoires de Gujiko puisse gêner son collègue. Malgré l'aspect distant de leur relation, la jeune femme avait bien vu qu'Akihide s'était fait à l'idée de voyager avec elle, car il l'avait tutoyée. Quand l'avait-elle entendu tutoyer quelqu'un la dernière fois? Elle ne savait même pas si cela avait déjà été le cas. Lorsqu'il lui avait indiqué qu'ils auraient à trouver un parchemin, elle n'avait entendu que d'une oreille ce qu'il lui demandait de faire. De l'autre, elle avait capté le ton légèrement différent du vouvoiement distant qu'il avait utilisé pour s'adresser à elle jusque là. Comme quoi, rien que d'être partenaire...

Gujiko avait entendu que l'impact de la météorite avait provoqué des éboulements qui avaient en partie détruit le village près duquel c'était arrivé. Voilà plus d'une semaine que les événements s'étaient déroulés: que restait-il à faire? Pour qu'ils aient besoin d'une équipe de ninjas d'Iwa, il fallait que des tâches d'importance restent à effectuer.

Le chef du village les accueillit précipitamment, mais on pouvait voir le soulagement dans son regard. Après tant de jours, il n'avait toujours pas de temps pour lui, et il envoya les deux ninjas vers les deux lieux encore non traités. Akihide était parti très vite vers un commerce effondré, laissant à Gujiko le soin de s'occuper de l'école, où devaient se trouver encore plusieurs enseignants et les enfants desquels ils s'occupaient.

Oui, ce n'était pas une erreur. En recevant la tâche, Gujiko manqua de saisir le maire par le col pour lui révéler quelques vérités, mais elle se reprit: elle avait mieux à faire. Abandonnant là ce donneur d'ordres, elle se précipita vers le lieu du sinistre, où elle découvrit une colline de décombres. Quatre villageois avaient pris à cœur de la défaire en retirant les pierres une à une, mais leurs efforts semblaient vains. Depuis combien de temps faisaient-ils cela? Ils avaient probablement commencé juste après la catastrophe, se relayant jour et nuit... et ils n'arriveraient à rien ainsi. Gujiko partit à la rencontre de ces sauveurs improvisés, et leur demanda combien de personnes se trouvaient sous les décombres. D'après les comptes et les absences, il devait y avoir deux enseignants et les dix-neuf enfants desquels ils s'occupaient. L'homme auquel elle s'était adressée semblait ne pas se rendre compte qu'ils étaient peut-être déjà tous morts, car il continuait à parler d'eux au présent. Même si c'était le cas, Gujiko savait qu'il fallait au moins dégager les corps afin de faire un compte des décès. Aussi demanda-t-elle plus d'informations pour pouvoir aider:

"Auriez-vous un plan de l'école, pour qu'on sache où se trouvait tout le monde au moment de l'accident?
-Il devrait y avoir ça à l'administration, mais je peux vous indiquer l'emplacement des salles de cours: je suis le troisième enseignant de cette école, et j'étais dehors au moment de la catastrophe."

Le regard que la kunoichi portait sur son interlocuteur changea d'un coup: il se sentait peut-être inutilement responsable des événements, et son entrain à excaver les gravats venait sûrement de là. Gujiko saisit son bâton et le posa de côté: elle aurait besoin d'une totale liberté de mouvement pour retirer les pierres et le bois de là et voir ce qu'il y avait en dessous. Elle s'approcha d'une poutre et tira dessus: sans succès. Le bois n'avait même pas bougé d'un pouce. Deux hommes vinrent l'aider, et ils parvinrent, au prix d'un effort prolongé, à déplacer le morceau de quelque cinq centimètres. Ce n'était clairement pas la bonne méthode.

Réfléchissant à une méthode plus efficace, Gujiko se demanda si elle n'avait pas une carte pouvant l'aider... elle en avait maitrisées plusieurs, certaines polyvalentes et puissantes... Soudain, elle sut: il y avait effectivement un moyen de déblayer les décombres beaucoup plus rapidement. Cela la fatiguerait un peu, mais peu importait: la mission était tout ce qui comptait.

Sous les yeux étonnés des personnes présentes, Gujiko piocha des cartes. Elle savait ce qu'elle cherchait, si bien qu'elle dissipait le chakra qui se formait dans ses mains dès qu'elle reconnaissait une symbolique autre que celle de l'Homme Gris, une des dernières cartes qu'elle avait apprises à utiliser. Pour les observateurs, la jeune femme matérialisait des rectangles de chakra légèrement brillant dans sa main et les faisait disparaitre aussi vite qu'ils apparaissaient. Après dix tentatives, elle obtint enfin ce qu'elle cherchait et prévint tout le monde qu'il faudrait lui laisser de la place. Les décombres risqueraient de tomber autour de l'école, si bien que pour la sécurité de chacun, il allait falloir reculer.

Effectuant quelques mudras rapides, Gujiko invoqua une créature de pierre de plus de quatre mètres de haut. L'être de pierre se tourna vers elle, révélant une forme vaguement humanoïde. Encaissant la perte de chakra requise pour la formation d'un élémentaire de cette taille, Gujiko lui donna tout de même des ordres clairs et simples, afin qu'il les suive sans danger:

"Ce sont là les décombres d'une école sur laquelle s'est éboulé un pan de colline. Retire tout ce que tu peux pour trouver les vingt-et-une personnes  qui sont ensevelis en dessous. Ils sont peut-être vivants, alors fais attention."

Elle avait prononcé la dernière phrase doucement, plus pour les hommes qui observaient l'action que pour le golem. Celui-ci s'avança pour s'atteler à la tâche qui lui avait été confiée: il saisit la poutre que Gujiko avait tenté de retirer plus tôt et la transporta sans la moindre difficulté plus loin. Revenant ensuite vers la pile de gravats, il commença à lances les grosses pierres qu'il trouvait hors du village, où elles ne gêneraient personne. La kunoichi se rendit compte que niveau sécurité, elle n'avait pas fait fort, mais personne ne s'en souciait: tout ce que voyaient les autres, c'était un moyen rapide et presque surnaturel (puisqu'il s'agissait tout de même d'une technique de ninjutsu qui était à l'oeuvre) de retrouver les enfants et les deux professeurs accidentés.

Après une dizaine de minutes, l'élémentaire s'agenouilla et prit délicatement dans son énorme main un petit corps inanimé. Quelques villageois qui étaient venus observer le golem en action poussèrent de petits cris en réalisant que c'était le premier cadavre. Suivirent quinze autres petits corps avant que fut déterré l'un des deux enseignants. L'excavation continua jusqu'à ce que les mains de pierre ne sortent le corps de la femme, collègue de l'autre, qui tenait entre ses bras un enfant mutilé. Il semblait être mort après, plutôt de faim et de soif que de saignements excessifs. Le corps adulte était parvenu à le préserver des plus graves blessures, mais il était devenu son sarcophage, l'embrassant pour mieux l'accompagner dans l'au-delà. Cette vision fendit le cœur de Gujiko. Elle ne pouvait pas imaginer la joyeuse vie de cette poignée d'enfants qui avait basculé en un instant sans qu'ils n'aient pu comprendre ce qui leur arrivait.

Lorsque les deux adultes et les dix-neuf enfants morts avaient été alignés par la créature de pierre, Gujiko la révoqua afin de ne pas utiliser plus de chakra. Les parents et autres membres des familles avaient commencé à se réunir pour constater ce qu'ils avaient redouté depuis si longtemps. Décidant de les laisser là, Gujiko partit faire un tour du village pour porter secours à d'autres villageois qui pourraient avoir besoin d'elle. Elle s'était éclipsée sans dire un mot, alors que personne ne lui avait adressé la parole pendant l'excavation des corps. Elle comprenait volontiers que l'attention des gens était complètement focalisée sur les petits corps à présent découverts.

Où était Akihide? Lorsque Gujiko passa devant le magasin duquel il devait s'occuper, elle vit qu'il n'y avait plus personne. Son partenaire était déjà parti enquêter au sujet du rouleau de techniques, comme il le lui avait dit, et il comptait probablement sur elle pour le rejoindre, mais elle ne savait pas par où il était parti. Peut-être tomberait-elle sur lui en faisant encore un ou deux tours des lieux? Sinon elle se renseignerait pour voir par où il était parti.
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La pierre qui fait vaciller la montagne


La grotte était juste devant moi, elle était cachée à la vue de tous, perdue, oubliée même par les siens … Je ne devais pas me laisser déconcentrer, j'avais une mission et m'identifier à un vulgaire amas de cailloux ne me permettrait pas de la réaliser. Je t'ai souris, je te faisais confiance … Pourquoi m'as-tu trahis? Ces voix, accompagnées d'un visage camouflé par de longs cheveux poisseux, ne me quittaient plus depuis que j'étais sorti du commerce effondré. Je devais resté concentré. Je me trouvais à la lisière de la forêt, au pied de la montagne où moi et Ranko avions l'habitude de grimper pour admirer le paysage. Un temple avait dû être construit à une certaine époque, mais à la suite d'intempéries et d'éboulement, il semblait avoir complètement disparu, ne laissant que ça et là des bouts de bois pourris vestige de sa gloire d'antan. J'espérais que Gujiko avait bien compris le message que je lui avais transmis, sans quoi je risquais bien de finir cette mission en solitaire … Comme je l'avais prévu.


≈ FlashBack ≈


Après avoir réussi à extirper le cadavre de la femme aux cheveux d'ébènes, j'avais erré dans la ville dévasté tel un zombie sans conscience. J'étais perdu dans mes pensées, bousculant, m'excusant, avançant sans m'en rendre compte à travers la foule paniquée dont le seul mot que j'arrivais à discerner était «école », c'est en repensant à ce lieu que je me souvins de Gujiko et de la mission qui nous avait été confié. Je ne pouvais pas me permettre de la prendre à la légère. Reprenant mes esprits, je marchais dans les rues à la recherche d'indices qui aurait pu m'indiquer où les habitants avaient pu cacher le parchemin. C'est alors que je pû entendre des voix qui s'élevaient de l'autre côté d'une ruelle, m'approchant discrètement pour écouter leur conversation à l'abri des regards, je pus discerner la voix de deux hommes, l'un semblait plutôt énervé tandis que l'autre semblait ivre :

« Je te l'ai dit ! C'est une malédiction ! Le vieux nous l'a dit, pour être épargné, on doit détruire ce foutu parchemin !»

« Arrête de dire n'importe quoi … Et puis qu'est qui t'as pris de raconter ça à ce vieux ? »

«Bah t'inquiètes pas, dans son état, il pourra jamais atteindre la grotte ... »

« En tous cas, maintenant tu la fermes … Et arrête de boire ! Je m'en vais réparer tes conneries ... »


L'un des deux hommes marcha d'un pas décidé et rapide vers la forêt, son collègue, sous l'emprise de l'alcool s'allongea à même la route, attendant de desaouler sans aucun doute. Je pris le jeune homme en filature, il était la clé qui allait me conduire à ce que je cherchais. Le suivre ne fut pas bien difficile, c'était un homme lambda qui malgré son côté très suspicieux n'arriva pas à déceler ma présence. C'est en arrivant près de la montagne que le jeune homme eut l'air d'autant plus inquiet, il pénétra à l'intérieur du boyaux terrestre et disparu. Il aurait été imprudent de le suivre maintenant, la disposition des lieux m'étaient inconnus et y aller seul aurait été du suicide. Je  décida donc de retourner au village en espérant croiser Gujiko pour la prévenir. Malheureusement, le temps que suive l'individu, elle avait déjà fini sa mission et était sans doute parti à ma recherche. Commençait à se chercher l'un l'autre dans cette foule compacte et agitée n'aurait été qu'une perte de temps, il fallait agir rapidement avant que l'homme que j'avais suivi ne décide que le parchemin n'était plus en sécurité et devait donc être déplacé. Je décidais de me rendre à l'emplacement le plus logique : l'école. C'était sans doute ici qu'elle reviendrait après m'avoir cherché en vain, pour voir si je l'attendais. Mon estomac ne fit qu'un tour quand je pu apercevoir les dépouilles des 19 petits corps alignés les uns à côté des autres comme des soldats revenant d'une bataille qui n'était pas la leur. Je croisais ainsi le regard de ce qui me sembla être un instituteur qui resterait sans doute ici comme soutien pour les familles.  Je vins donc à sa rencontre, lui demandant de transmettre un message d'une voix suffisamment ferme pour qu'il se rende compte de son importance, mais avec une pointe de douceur pour montrer ma compassion face à son deuil.

« Excusez moi … Ma collègue est déjà parti ? Pouvez vous lui transmettre un message ? dîtes lui :Akihide t'attends là où les montagnes prennent racine »

J'espérais intérieurement que cette femme aurait suffisamment de jugeote pour comprendre cette petite énigme. Parler clairement nous aurait fait repérer à coup sûr, cette phrase était assez énigmatique pour éveiller quelques soupçons certes, mais ce type ne semblait pas prêt à y réfléchir sérieusement. Ses pensées étaient occupés par la mort… Comme les miennes…


≈ Flashback ≈


Je pénétrais dans le boyaux qui sembla me conduire jusqu'au centre de la Terre, un courant d'air chaud m’accueillit suivi d'une horrible odeur de moisissure alors que l'air ambiant était déjà désagréablement humide. Toutefois, ces petits désagréments ne pouvaient pas m'empêcher de rester pantois devant la scène qui était apparu devant moi. La caverne était aussi grande qu'un terrain d’entraînement, les stalagmite ayant rejoint les stalactites formaient de magnifiques colonnes naturelles donnant à ce lieu toute la solennité des anciennes ruines. Les plantes cavernicoles donnaient à ce lieu un aspect sauvage, naturel comme si aucun homme n'était descendu ici depuis des milliers d'années. Je ressentais la même émotion face à ce spectacle que celle que j'avais ressentis face aux ruines de la demeure de mes ancêtres. C'était avec le plus grand respect que j'avançais dans ce lieu unique qui m'avait pendant un instant permis d'oublier ma mission et ce que je venais chercher ici. Je ne pouvais pas me laisser déconcentrer ainsi … Pourquoi ne m'as tu pas sauvé? J'avais une mission à accomplir.

Laissant de côté mon air ébahis, je me concentrais à nouveau sur mon environnement. La grotte était certes spacieuse, cependant, il n'y avait, heureusement pour moi, qu'une seule cavité qui s'enfonçait davantage au cœur même de la montagne. En m'approchant, je pue constater que cette ouverture n'était pas l'oeuvre de mère Nature, mais bel et bien d'hommes qui avait voulu dissimuler quelque chose au plus profond de la Terre. Tu aurais pu me sauver… J'aurais peut-être pu ainsi remarquer le cadavre de l'homme que j'avais suivi jusqu'ici, jeté sur le côté comme un simple détritus, la gorge tranchée.

Le chemin débouchait sur des couloirs taillés à même la roche, des pièges basiques comme des trappes dissimulés ou des senbons empoisonnés qui étaient éjectés par de petits trous placés un peu partout. Ils étaient disséminés ici et là, un squelette leur tenant compagnie pour l'éternité. J'avançais avec précaution à travers cette route tortueuse et étroite. Les pièges ne présentaient pour l'instant aucune difficulté pour moi, mes réflexes et mes facultés de traqueur me permettaient de les repérer et de les déjouer sans problème. Toutefois, je ne baissais pas ma garde, ces artifices étaient là pour s'occuper du menu fretin, les concepteurs de ces lieux avaient sans doute prévu quelque chose pour les gens comme moi… Le couloir débouchait sur une pièce, à peine plus grande qu'un salon standard, mais autre chose attirait mon attention…

Un homme se tenait là, différent de celui que j'avais suivi, me regardant avec un sourire effroyable, sa dentition n'était plus qu'un lointain souvenir et son visage semblaient avoir été amochés par une mauvaise chute. Ce type n'était certainement pas là pour de bonnes intentions et je ne pouvais pas le laisser s'approcher du parchemin.Le parchemin ? C'est donc plus important qu'une vie .... La voix prenait peu à peu la même tonalité que celle que possédait jadis Ranko. Toutefois, je ne baissais pas ma garde, ces artifices étaient là pour s'occuper du menu fretin, les concepteurs de ces lieux avaient sans doute prévu quelque chose pour les gens comme moi… Je devais agir. Je concentrais mon chakra dans mes jambes pour prendre une impulsion suffisante, cherchant à combler l'écart qui les séparait le plus rapidement possible. Ce fut là mon erreur. Je ne remarquais qu'au dernier moment, les piliers répartis en carré au centre de la salle, couvert de parchemins et d'inscriptions qui s'illuminèrent à mon passage. C'est ainsi qu'une bulle, d'une couleur verdâtre, pris forme autour de moi, me piégeant ainsi comme un rat à l'intérieur. L'homme me regardait avec le sourire aux lèvres, un sourire victorieux tandis que je ne pouvais murmurer qu'un vague :

« Merde ... »

« Un shinobi d'Iwa n'est-ce pas une heureuse coïncidence ? C'est à une collègue à toi que je dois toutes ces cicatrices… Où est-elle d'ailleurs ? J'ai entendu que deux shinobis avaient mis les pieds ici au moment même où j’acquérais les informations de la part de ce vieil ivrogne, me prenant pour un vieil homme grâce à un habile Genjutsu de ma composition… Tu ne dis rien ?»

Effectivement, je laissais ce malade déblatérait ces inepties et je cherchais plutôt un moyen de sortir d'ici. Visiblement, c'était une prison conçue pour s'activer au contact du chakra, piégeant ainsi son utilisateur dans cette bulle impénétrable. Le seul moyen de la briser semblait être d'enlever manuellement chaque parchemin qui ornait ces réceptacles. C'était plutôt malin, ainsi les vulgaires bandits étaient découragés par les premiers pièges et les ninjas, inquiets de ne rien trouver de plus difficile activerait leur chakra ici pour sentir d'éventuel piège ou dégager un passage. Ce type avait dû arriver avant moi et comprendre ce principe pour m'attirer dans un piège. C'était sans doute le déserteur mentionné par Gujiko, un expert du Genjutsu plutôt faible, mais assez malin, cela correspondait bien à la description. Alors que j'étais perdu dans mes pensées, la voix de l'homme me parvint :

« Ta petite amie ne devrait plus tarder à arriver… Nos retrouvailles risquent d'être sanglantes, un petit piège de mon cru l'attend dès qu'elle posera un pied ici et ensuite, je m'occuperais de toi ... »

J'espérais sincèrement que Gujiko avait réussi à décoder mon message et serait intelligente pour ne pas se faire avoir. J'avais en ma possession des techniques qui auraient pu me permettre de brise ce dôme qui me retenait captif, mais je désirais voir les compétences de cette fille à l'œuvre, peut être l'avais-je sous-estimé, mais surtout, je devais réussir à reprendre le contrôle de moi-même… Mes pensées ne m'appartenaient plus, le soulagement de ne penser à rien lorsque j'étais en mission s'était estompé, j'étais seul… Terriblement seul avec moi-même.



 

 

 
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En faisant un nouveau tour du village, Gujiko remarqua que quelques civils parlaient d'un homme parti à la recherche des mystères d'une grotte dangereuse... était-ce Akihide? Après avoir interrogé quelques personnes, la kunoichi se rendit compte que le personnage évoqué était moins costaud que son compagnon et tous détaillaient quelques blessures qu'il arborait au visage. Voilà qui était fort étrange... Gujiko décida d'enquêter à ce sujet, mais si elle pouvait d'abord retrouver Akihide, elle lui parlerait de l'étrange pressentiment qu'elle avait.

Lorsqu'elle repassa devant les ruines de l'école, elle fut abordée par l'enseignant qui avait tenté de la déblayer avant son arrivée. Celui-ci avait reçu un message pour elle: "Akihide t'attend là où les montagnes prennent racine." Incertaine quant à l'identité de l'envoyeur, elle lui demanda de décrire qui lui avait donné le message, et il fouilla rapidement sa mémoire pour donner quelques traits que Gujiko put aisément identifier à son collègue. Ainsi avait-il pris la peine de venir voir comment sa partie du travail s'était passée avant de partir... peut-être s'étaient-ils même ratés de peu, c'était bête.

"Là où les montagnes prenaient racine", c'était facile, c'était le pied des monts, ou par là. Gujiko se rendit donc en direction de la forêt, en suivant vaguement la direction dont les villageois lui avaient parlé lorsqu'ils évoquaient la grotte mystérieuse: elle eut un soudain sentiment qu'Akihide voulait visiter le même lieu qu'elle, et qu'il l'attendait probablement devant l'entrée. La jeune femme pressa le pas en se demandant combien de temps elle avait fait attendre son camarade. Il lui ferait sans doute remarquer qu'elle aurait pu se dépêcher, quel que soit sa vitesse...

Finalement, Gujiko trouva l'entrée d'une grotte sombre. Il n'y avait pas de trace d'Akihide, mais cela ne l'inquiéta pas plus: il s'était sûrement caché pour se dissimuler aux yeux d'éventuels passants. Et puis il y avait cet homme étrange dont elle avait entendu parler: lui aussi devait se trouver par là, à moins qu'il n'était déjà entré...

Préparant son bâton de combat, Gujiko fit mine de patrouiller autour de l'entrée de la grotte, pour vois si elle pouvait discerner Akihide, mais il n'était pas visible. Soudain, elle eut comme une révélation: et si "là où les montagnes prenaient racine" n'était pas leur pied, mais la terre sous elles? Cela signifierait qu'il était déjà entré, attendant peut-être l'arrivée de sa collègue alors qu'elle n'en faisait rien... Mais s'il voulait la rencontrer à l'extérieur et si elle entrait, ils auraient un autre problème. Ce petit dilemme faillit causer de nombreuses réflexions chez Gujiko, mais elle était telle qu'elle était: lorsqu'un choix difficile s'offrait à elle, elle choisissait à l'instinct, et cette fois, elle pensait que l'énigme d'Akihide lui indiquait de partir dans la grotte le rejoindre.

La grotte se présentait en une forme élaborée d'attrape-nigaud. Certains pièges étaient plus ou moins dissimulés, alors que d'autres étaient clairement à la vue de chacun, et il était facile de les éviter. Gujiko supposa que ceux qui n'étaient pas trop cachés ne servaient qu'à détourner l'attention des vrais coups vicieux qui pouvaient survenir, mais elle parvint à n'en activer aucun. Si Akihide était passé par là, il aurait même peut-être ri en voyant un tel étalage de bas niveau... ou pas. Non, définitivement, Akihide n'aurait pas ri. Pas pour si peu. L'image plut cependant à la jeune fille. Non pas celle de son camarade riant, mais celle d'un terrain d'entraînement pour genins aménagé dans cette grotte, laissant les crachats de projectiles, les murs collants, les rebords tranchants et les sols piégés pour voir comment ils se débrouilleraient.

Le chemin n'était pas vraiment compliqué: il n'y avait pas de moyen de se tromper. En suivant la voie, Gujiko finirait par atteindre Akihide. Elle enjamba un dernier fil transparent et tourna pour apercevoir une bulle protectrice entourant une silhouette à moitié dissimulée. Était-ce le chasseur de déserteurs? Possible, mais Gujiko n'en était pas certaine. Une voix l'interpela, venant de sa droite:

"Ah, tu es là. Je t'attendais."

C'était Akihide, debout contre une paroi de la cavité. Il semblait effectivement l'avoir attendue un moment, et il n'avait pas l'air d'avoir souffert d'un quelconque piège ou d'avoir subi des blessures suite à un combat.

"Qui est là-dedans?"

Gujiko avait soulevé la question comme si elle avait éloigné la remarque de son partenaire d'un geste de la main. Il était certes plus expérimenté qu'elle, mais il ne fallait pas qu'il commence à la prendre de haut.

"Oh, c'est un renégat qui a tenté de nous piéger. C'est celui que tu as déjà affronté... Tensei, je crois.
-Je vois."

S'il s'agissait vraiment de Tensei, il fallait se méfier de tout, car même emprisonné, il pouvait encore agir. Gujiko ne pouvait pas voir précisément à travers l'émanation, mais elle se doutait qu'il s'agissait d'une prison efficace. Probablement était-ce une technique d'Akihide. Après tout, elle ne l'avait encore jamais vu en action, se battant sérieusement. Il l'interpella, coupant court à ses pensées:

"Bon, on y va?
-Où ça?
-Chercher le rouleau."

Mais bien sûr, où avait-elle la tête? Cependant, quelque chose la gênait: Tensei. Qu'allait-il devenir? La technique durerait-elle assez longtemps pour le maintenir emprisonné jusqu'à ce qu'ils aient pu s'éloigner assez?

"Et lui?
-Quoi, lui?"

Quelque chose dans les réponses d'Akihide la dérangeait: il n'était pas comme d'habitude. Cependant, c'était peut-être l'ambiance un peu glauque de la caverne qui perturbait la jeune femme.

"On va le laisser comme ça?"

En le regardant, Gujiko vit qu'il s'était approché du bord de la sphère luminescente, comme s'il voulait lui dire quelque chose. Ses traits étaient floutés par la prison dans laquelle il se trouvait, et elle ne pouvait donc pas le trouver menaçant. Sa silhouette verte n'était que celle d'un étranger à ses yeux.

"Bon écoute, Gujiko, nous devons y aller. Il ne nous embêtera pas avant un bon moment, tu peux me faire confiance."

Là, voilà ce qui n'allait pas. Akihide ne se comportait pas comme d'habitude car ce n'était pas lui, Gujiko en était à présent certaine. Elle saisit son bâton plus fermement pour se préparer à asséner un bon coup à cet imposteur le temps de réfléchir à ce qu'elle pensait faire. En effet, elle ne pouvait pas simplement attaquer celui qui ressemblait à s'y méprendre à son collègue sur un coup de tête: il fallait être certaine de ses actions.

Déjà, les réponses du pseudo-Akihide ne collaient pas, car elles venaient trop vite, étaient trop concises et  ne correspondaient pas aux souvenirs que Gujiko avait des rares discussions qu'elle avait eues avec son camarade de mission. Là, elles semblaient légèrement sympathiques ou au moins chaleureuses. Ensuite, l'erreur principale permettait à Gujiko te trancher: il s'agissait bien d'un imposteur.

Alors que l'homme la dépassait pour avancer vers le fond de la cavité (Que pensait-il y trouver, de toute manière? C'était certainement un piège.), Gujiko lui frappa l'arrière des jambes avec son bâton, comme si elle avait voulu enfoncer ses chevilles dans le sol. Il s'écroula en poussant un cri mélangeant la surprise et la douleur.

"Mais t'es folle? Qu'est-ce qui te prend?
-Écoute-toi parler, ça en devient ridicule."

L'incompréhension se lisait dans son regard, alors qu'il portait les mains à son pied gauche, comme pour le protéger d'une éventuelle nouvelle attaque. Cependant, la kunoichi eut un bref moment d'hésitation: un tel coup aurait brisé la concentration de n'importe quel manipulateur disposant d'illusions. S'il n'avait pas encore montré son vrai visage, c'était qu'il devait s'agir du véritable Akihide... ou d'un genjutsu.

Gujiko tendit une main devant elle pour piocher une carte. Peu importe ce que c'était, elle s'en servirait: voilà comment elle fonctionnait. La Maison. Parfait! Voilà qui permettrait d'enfermer ce manipulateur pendant un moment.

"Le vrai Akihide ne m'a encore jamais appelée par mon prénom. Toi, en revanche, je me souviens que tu l'as déjà fait, à plusieurs reprises. Enfin, et c'est là ton erreur la plus stupide, tu ne te doutais peut-être pas que mon collègue ne t'aurait jamais maintenu captif en s'éloignant comme tu proposais: il t'aurait abattu au lieu de s'éloigner."

En vérité, Gujiko n'en était pas sûre, car elle n'avait jamais assisté à une capture de nukenin par le chasseur de déserteurs, mais elle ne pensait pas qu'il y ait un autre sort que la mort qui leur était réservé. Après tout, trahir la nation était le pire crime qui puisse être commis.

Pendant sa courte tirade, Gujiko avait gardé Tensei en respect de son bâton. Elle utilisa ensuite la technique de la carte de la Maison pour créer un dôme de pierre recouvrant le criminel. Celui-ci avait de l'air pour respirer, mais il ferait mieux de conserver son énergie. À moins qu'il ne dispose d'une véritable technique de combat rapproché, ce dont elle doutait.

Cependant, alors qu'elle utilisa sa technique, la bulle verte étendit son rayon de deux mètres pour l'enfermer également. Gujiko n'avait eu le temps que de voir Tensei se faire recouvrir de pierre, confirmant le succès de sa technique... mais pour combien de temps?

La jeune femme se retourna et vit Akihide à côté d'elle. Il ne s'agissait pas de Tensei, et elle avait le sentiment qu'un genjutsu n'aurait pas fonctionné dans cet espace étrange. L'air légèrement désolée, elle demanda:

"Au moins je ne suis pas la seule à s'être faite avoir... On fait quoi, maintenant?"

Elle sentait que son chakra ne se comportait pas tout à fait comme d'habitude, ce qui était encore pire dans son cas, car la majorité de sa réserve était maintenu dans ses cartes. Elle pouvait tenter d'en piocher une, mais cela pouvait se révéler dangereux. Akihide, qui avait été enfermé depuis un peu plus longtemps qu'elle, devait avoir un plan. S'il comptait sur elle pour le libérer, c'était raté, mais elle avait pu capturer Tensei, ce qui était déjà quelque chose.
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Re: La pierre qui fait vaciller la montagne    Sam 20 Fév - 17:25
Coincés: voilà ce qu'ils étaient. L'étrange prison verte les empêchait d'utiliser des techniques, car elle semblait aspirer le chakra utilisé: c'était d'ailleurs ainsi que Gujiko avait été capturée, alors qu'elle pensait se trouver hors de portée. L'utilisation de sa technique avait fonctionné, mais le rayon de ce piège s'était étendu par la même occasion. À présent qu'elle était à l'intérieur, elle se doutait que les effets seraient différents, et certainement pires.

Akihide (le vrai, elle en était certaine) n'utilisait aucune technique non plus, conscient que ce serait dangereux. Aucun d'eux ne parlait, réfléchissant à un plan d'action. Évidemment avaient-ils déjà tenté de traverser la paroi d'émeraude, mais cela n'avait donné aucun résultat: autant tenter de traverser un mur de pierre... sans ninjutsu. La méthode usuelle aurait consisté à briser ledit mur afin de pouvoir enjamber les débris, mais cela ne donna aucun résultat là non plus: ils avaient essayé de frapper à tour de rôle, en même temps ou en résonance: rien n'avait permis d'au moins égratigner la paroi verte. Ils s'étaient également concentrés sur les piliers au centre de la bulle, mais ceux-ci semblaient également protégés contre les attaques.

Ainsi, il fallait une stratégie, ou au moins une idée de ce qu'il était possible d'entreprendre pour sortir. Gujiko tenta de résoudre le mystère de l'origine de ce piège. S'il était l'oeuvre de Tensei, celui-ci devrait perdre de l'énergie également, car il était beaucoup plus complexe que la simple prison de pierre dans laquelle il était enfermé. Attendre n'était cependant pas la solution: même si la prison allait disparaitre au bout d'un moment, ils ne pouvaient pas se permettre de ne rien faire avant. Non, il fallait trouver comment s'en sortir réellement.

Tensei avait été particulièrement intéressé par les résultats des analyses de la météorite lorsqu'il avait tenté de tuer Gujiko lors de leur dernière rencontre. Était-il possible qu'il était retourné sur les emplacements des différents éclats pour en récolter? Il avait largement les moyens d'accomplir un tel dessein, mais cela semblait vraiment risqué: Ils n'avaient découvert que les propriétés de base de la roche extraterrestre, et encore: des doutes subsistaient. Gujiko se souvenait très bien que cet élément pouvait aspirer le chakra de ceux qui entraient en contact avec lui, et ce de manière durable (quoique pas forcément permanente). La technique de Tensei pouvait très bien incorporer de cette pierre afin de créer un puissant effet réagissant au chakra. Définitivement, cette théorie tenait la route.

N'ayant aucune idée en plus, Gujiko décida de regarder si elle n'avait pas une carte qui aurait pu servir dans cette situation. Elle savait qu'utiliser une technique serait dangereux, mais elle n'allait pas attendre sans rien faire qu'Akihide trouve la solution tout seul pour ensuite la prendre de haut. En piochant ses cartes, elle remarqua qu'elle avait un panel de techniques très varié, mais qu'aucune ne pouvait la faire sortir de là. À chaque tirage, elle lui opposait immédiatement un contre-argument comme "Cette technique demande trop de place." ou "Si j'utilise cette carte, Akihide pourrait être en danger à cause de moi." tout en rajoutant à la fin: "Mais de toute manière, je ne peux pas utiliser de technique."

Vint enfin la carte des Yeux du Diable. Gujiko sourit: c'était celle-ci qui l'avait sauvée des entraves de Tensei lors de leur dernier combat. Cependant, elle n'avait aucun effet sur sa prison, prouvant qu'il s'agissait bel et bien d'autre chose que d'un genjutsu. Voilà qui n'arrangeait rien: il faudrait trouver une véritable méthode pour s'en sortir.

Si le piège n'était pas l'œuvre de Tensei, c'était ceux qui avaient caché le rouleau qui l'avaient installé, et ils avaient probablement prévu un moyen de s'en sortir, bien que difficile à deviner. Gujiko n'avait jamais été du genre à réfléchir avant d'agir, mais dans sa position, elle n'avait pas le choix: la seule action possible était la réflexion, justement. N'ayant aucune information sur ce que contenait le parchemin qu'ils étaient venus chercher, Gujiko dut penser à des généralités. Il devait être inaccessible depuis l'intérieur du piège, à moins d'être incapable d'aider qui que ce soit d'en sortir. Soudain, elle eut une idée étrange, que son instinct lui inculqua de suivre: Et si le piège était le moyen d'accéder au rouleau? En jouant sur l'idée que toute personne capturée ne chercherait qu'à s'enfuir ou à paniquer, les concepteurs de ce piège avaient prévu qu'il capturerait des shinobis qui finiraient par perdre leur chakra et probablement mourir au sein de cette sphère. Akihide et Gujiko avaient eu l'idée de retenir leur chakra afin de ne pas nourrir ce piège chimérique, ce qui leur avait peut-être sauvé la vie.

À présent, comment se piéger encore plus pour accéder à la suite? Gujiko se rendit compte que l'utilisation du chakra n'était pas exactement ce qui était dangereux. En effet, lorsqu'elle avait pioché ses cartes en cherchant une solution, elle n'avait senti aucune différence dans le piège. C'était parce qu'il ne s'agissait pas de son chakra, mais de celui de son jeu, créé bien longtemps auparavant par un ninja particulièrement compétent. Ainsi, le piège réagissait-il à l'utilisation de techniques, se nourrissant probablement du chakra de ceux qui se trouvaient à l'intérieur, mais pas des objets. Une question subsistait: pourquoi? La réponse était simple: Car quelque chose d'affilié au chakra ne devait pas être endommagé, et cette chose était le rouleau secret.

"Akihide, je crois que j'ai trouvé le rouleau."

Le regard qu'il lui fit ne quitterait jamais ses souvenirs: il était surpris d'avoir été pris de vitesse par sa collègue qu'il prenait probablement pour un poids. Ne lui laissant pas le temps de répondre de son ton caractéristique, Gujiko reprit:

"Il est dans cette bulle: soit sous le sol, soit au plafond. Ce piège visait à décourager tout pilleur, et la suite de la grotte comporte sûrement des pièges mortels et un faux rouleau pour berner ceux qui ne se sont pas faits avoir ici.
-Voyons si tu as raison."

Il n'avait pas dit qu'il doutait d'elle, juste qu'ils devaient vérifier. Peut-être préparait-il déjà une réplique pour noter l'échec cuisant des déductions de la kunoichi... mais il fut arrêté net quand Gujiko brisa une couche fine au plafond de la grotte avec son bâton, faisant tomber un gros rouleau au sol. Au contact du parchemin contre la pierre, les piliers luisirent légèrement avant de trembloter pendant quelques secondes pendant lesquelles les deux ninjas restèrent à l'affut. Enfin, la bulle disparut, les colonnes de pierre reprenant leur stabilité et morne apparence initiales.

Gujiko se baissa pour saisir le rouleau, en se tournant vers Akihide d'un air victorieux. Ne voulant pas détruire le début de leur entente, Gujiko se retint de lui dire quelque chose comme "Je te l'avais dit!" ou "HA! J'avais raison!", mais son expression devait parler tout autant, car il détourna le visage pour articuler un faible:

"Bien joué."

Était-il trop timide ou fier? Peu importait, car une nouvelle question se posait: que faire de Tensei, le renégat? Il avait mérité l'exécution sommaire avec ses tentatives d'assassinat et autres crimes, mais peut-être Akihide aurait-il préféré le garder en vie? Non. Il préparait déjà une arme pour achever l'illusionniste endormi (le peu d'air de la prison terrestre obligeait les gens à économiser leur énergie, notamment en dormant). Les quelques trous servant à laisser passer de l'air furent plus que suffisants pour y insérer la lame de son épée et l'enfoncer le plus loin possible.

Aucun bruit ne sortit du sol, mais la posture d'Akihide changea, comme s'il savait qu'il n'y avait plus de danger, et qu'il se détendait pour la première fois depuis des jours. Il se retourna vers Gujiko, qui n'avait pas bougé, et se voulut rassurant en disant:

"C'est bon, nous ne craignons plus rien."

Il ajouta rapidement:

"Notre mission est terminée, rentrons."

Hochant la tête faiblement, Gujiko lui emboita le pas alors qu'ils esquivèrent facilement les pièges de l'entrée de la grotte. Ils ne passeraient même pas par le village, où la vue du rouleau risquait de leur apporter des ennuis. À la place, ils allaient se dépêcher de rentrer au Village Caché, où ils pourraient le remettre en sécurité tout en rapportant la mort de Tensei.

Décidemment, se dit Gujiko, cette météorite pouvait causer beaucoup d'ennuis... même indirectement.
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Correcteur
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Correction

Positif - Guzen Gujiko


Eh bien ... merci ? Merci pour cette mission très bien menée, intéressante, pour laquelle vous vous êtes bien concertés en privé, qui fait visiblement apparaître (je n'ai pas recherché ...) un PnJ étant déjà intervenu dans une de tes précédentes missions, et qui se conclut d'une très bonne manière, avec une réflexion que j'ai appréciée dans cette prison verte ^^ Le tout avec un texte aussi remarquable en quantité qu'en qualité ! Bref, GG (ça fait très pro ça ...)


Négatif - Gujen Gujiko


Quelques rares fautes répétitives. Voici les deux que j'ai relevées et qui ne sont pas de l'inattention :
- duquel/desquels que tu emploies à la place de dont -> "les enfants desquels ils s'occupaient" / "le magasin duquel il devait s'occuper" ; "duquel" peut être remplacé par "de lequel", ce qui n'a aucun sens dans ces phrases.
- le conditionnel présent (pourrait, devrait, aurait, fatiguerait) dans un récit au passé, ça ne va pas x) "Cela la fatiguerait" = Cela allait la fatiguer
Voilà tout x)


Gains - Guzen Gujiko


Mission de rang B en duo [success] + objectif secondaire accompli : 66 PE + 495 ryôs !


Rii' ~

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