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忍 | Nukenin
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Gekitsu Kyôshi
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Date d'inscription : 24/07/2015
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Fiche Shinobi
Rang: A
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772/500  (772/500)

Anniversaire    Dim 24 Avr - 8:47





Broken memories
悲哀Drown by my sorrow





- Un autre verre.
Dis-je, en lançant de l’argent sur le comptoir sur lequel j’étais accoté, un peu éméché.

Aujourd’hui, c’est son anniversaire. C’est l’anniversaire de ma princesse. Ma petite Miya. La prunelle de mes yeux. Moi, Gekitsu Kyôshi, un homme pouvant en faire trembler mille par quelques mots, moi, l’homme qui pouvait acheter un petit village si l’envie lui prenait. Moi l’homme ayant ‘’réussi’’, l’homme que plusieurs enviaient. Moi l’homme qui avait sous ses ordres des centaines de gens. Moi l’homme qui était tout, sauf un père. Ma petite princesse, je ne l’avais pas vu depuis des lunes. Elle, elle ne m’avait jamais réellement vu. La dernière fois que j’avais eu le privilège de la tenir dans mes bras, elle avait à peine quelques mois. Elle ne savait ni marcher, ni parler. Elle ne souviendrait jamais de ces seuls moments passer avec son père. Elle était si pure, si innocente, si belle. Un ange pourtant conçu par un démon.  Elle représentait la perfection émanant de l’imperfection en personne, moi. Solide comme un chêne, je traversais les épreuves sans broncher, terrassant quiconque osait se dresser dans ma voie. Cependant, elle, de par sa simple existence, avait su me faire fondre, m’ébranler au plus haut point. Jamais quelqu’un n’avait réussi à me faire sentir comme cela. Il faut croire que c’est cela l’amour, non? L’amour que j’éprouvais pour elle était incommensurable. Je l’aimais. Je l’aimais à un point tel que j’ai fait le sacrifice de lui empêcher de vivre ma vie, cette vie, en la retirant de la mienne. Je suis la définition même du mot danger. J’attire les emmerdes. Des gens veulent constamment me tuer. Je dois constamment tuer des gens. C’est mon monde. Pas le siens. Oh non. Je prenais en moi chaque part d’ombre, de ténèbres, possibles afin de lui éviter un tel châtiment. Nul ne mérite de vivre une enfance mêlé de violence, de sang et de haine. Elle, ma douce, ma belle, elle n’aurait jamais ça. Je m’en étais fait la promesse.

- Un autre… double dose, merci… Avais-je dis, en déposant un billet sur la table, enfilant un autre verre, toujours un peu plus recroquevillé sur le comptoir.

Sa mère, elle était morte durant l’accouchement. Sa perte m’a dévasté au plus haut point, Mais tout cela n’était rien à côté du choix que j’avais dû faire, il a de cela une vingtaine d’années.  La douleur de perdre son enfant, de savoir que vous ne ferez jamais vraiment parti de sa vie, de savoir qu’elle appellera un autre ‘’papa’’, c’est l’enfer. Chaque jour, je transportais ce poids sur mes épaules. En moi, jamais je ne pouvais vraiment l’oublier, jamais. Chaque nuit, j’y pensais. Il y a des trucs qui s’oublient avec le temps. Tuer un homme, c’est tel que tel. Vous en tuez un, puis deux, puis trois, puis un jour, vous arrêtez de compter. Mais perdre son enfant, ça, vous ne passez jamais à côté. Je peux vous le jurer. Ma belle petite princesse. Mon rayon de soleil dans ce monde ténébreux que je dois affronter à tous les jours de mon existence. Si elle savait. Si elle savait. Jamais je ne pourrai oublier la nuit où j’ai fait le choix d’éviter cette vie à ma fille, où j’ai fait le choix de la donner.

- Même chose.

Oui, je l’ai donné. Elle ne pouvait pas vivre ma vie. Des gens attenteraient à la sienne, tout simplement car elle est ma fille, car cela me ferait atrocement mal. Pourtant, elle était innocente, pure. Un bébé qui n’avait rien demandé. On ne choisit par ses parents malheureusement. Donc, j’avais décidé de lui choisir les siens. Des gens formidables. Valeureux et honnêtes, ils étaient des parents parfait, idéal. Je leur avais fait promettre de ne jamais rien dire. Ils ne dirent jamais rien, d’ailleurs. Ils étaient des anges, tout comme elle. L’ayant élevé comme si c’était la leur. Je leur ai bien sûr fourni toute l’aide financière qu’ils avaient besoin. Étant comme je suis, je n’ai pu m’empêcher de garder un contact indirect avec elle. Influençant sa vie comme je le pouvais. La guidant, malgré tout, vers le succès, vers ses ambitions. Je l’avais vu grandir à travers des yeux qui n’étaient pas les miens, pas ceux de son père, mais bien ceux d’un pur inconnu dont elle ne garde aucun souvenir. Au courant de sa vie, je lui avais prodigué de l’aide sans jamais qu’elle en est connaissance. Tout au long de sa vie, je m’étais assuré qu’elle ne manque de rien, qu’elle soit heureuse, malgré tout. Cependant, je n’étais pas dieux. Je ne pouvais pas éviter l’inévitable.

- Un autre. Rajoutais-je, en lançant l’autre verre contre le mur, prit d’un élan de rage.

Un jour, je perdis sa trace. Pourquoi? Non pas car ses parents adoptifs avaient failli à leurs tâches. Du tout. Tout simplement, car ils avaient été tué. La guerre, elle fait des ravages, il parait, bah, parfois, c'est directement dans votre cours. Ces deux morts avaient été très pénibles pour moi. Elle représentait l’écroulement du monde de celle qui représentait le mien. Phare dans la nuit qu’était ce rude monde, il venait de s’éteindre, la laissant seul face à tout ça. C’est ainsi que je perdis sa trace. Depuis quelques années, je n’avais plus eu de nouvelles d’elles. Mettant des hommes sur le coup, tentant de la retrouver, je n’y arrivais pas.  Cette échec est mon plus gros à vie. Oh, je la retrouverai, un jour. Ma princesse deviendra reine. Reine de son monde. Le monde qu’elle voudra bien. S’il le fallait, j’allais remuer ciel et terre pour la retrouver, car je sais qu’elle est en vie, c’est ma fille, c’est une battante, elle n’est pas une faible, elle sait se débrouiller. Elle est quelque part, j’en suis certain…

- …. Sans rien dire, le barman m’apportait un autre verre. Moi, je buvais ma peine.

Chaque année, depuis le triste jour, j’allais m’enfermer dans un bar, et je buvais. Peu de personnes savait la véritable raison, presque personnes, j’oserais dire. Et personne ne savait l’histoire complète. Personne ne devait savoir non plus. Il n’y avait que moi que ça concernait, moi et ma peine, moi et mon verre. C’était devenu une tradition. Vêtu de mes beaux habits valant une fortune, assis sur un tabouret d’un bar m’appartenant, servi par un serveur dont j’étais l’employeur, je buvais et je buvais. Je buvais encore et encore, afin d’oublier que mes choix, cette vie, était un peu responsable de tout ça. Va savoir ce qu’elle devient, Si elle savait, si j’avais su… C’est donc ainsi, qu’un verre après l’autre, je buvais, je buvais jusqu’à oublier. Jusqu’à oublier mon nom. Jusqu’à oublier que j’étais, en réalité, qu’un monstre.

- C’est aujourd’hui, boss?
- Oui, c'est aujourd'hui…. Dis-je, en calant d’un trait mon verre.


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征服者 Seifukusha
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Re: Anniversaire    Mar 10 Mai - 14:46
[quote="Correcteur"]
Correction de Kyôshi

Positif


Ohayo Kyôshi,

Très bonne introspection, profonde et sombre dans le quotidien de Geki.


Négatif


La quotidienne ^^ quelques petites erreurs qui sont rattrapées par la qualité du texte.  


Gains


6 PE


Cordialement Asyiah
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